• Petit article de loïc leveder et Jordan Pillet

    « Je viens pas de la cité mais le beat est bon, je viens pas de Paname mais de Marly-Gomont ». En à peine trois semaines, ce refrain est devenu le nouveau buzz d'Internet, un buzz bien involontaire. Le vidéoclip met en scène un jeune Black qui a passé son enfance dans un village de Picardie. C'est surtout la propre histoire de Kamini, qui y a vécu jusqu'à ses 19 ans avant de partir à Lille finir ses études. A 26 ans, il est aujourd'hui infirmier psychiatrique dans un centre d'accueil à Lille. Mais il est surtout courtisé par les majors, sollicité par la presse, interviewé par Cauet et il devrait passer sur Canal + la semaine prochaine chez Denisot. Le top.



    Rappeur depuis dix ans, Kamini conçoit avec une amie Emilie Desbonnet ce qui doit être une maquette à destination des professionnels de la profession. Réalisé en trois jours à Marly-Gomont avec des paysans et des bottes de foin, le clip est mis en ligne par La Plèbe production, label de rap indépendant basé à Lille. « J'ai mis du temps à aller les voir, bien qu'ils soient à 40 mètres de chez moi, à Lille ». Un clip qu'il a tourné dans son village avec des habitants. Il raconte la vie parfois difficile d'un jeune Black dans un village avec le racisme, les matchs de foot sur un terrain pelé, la joie de faire du tracteur et les 8 km de mobylette pour acheter sa baguette de pain.



    Mis en ligne dans une page cachée à l'adresse url tordue sur le site du label, le vidéoclip est envoyé début septembre à plusieurs majors. « Ma finalité, c'était de créer mon site Internet définitif après avoir reçu les conseils des professionnels des majors. Mais avec l'engouement autour de mon morceau, j'ai été obligé de changer tous mes plans ». En effet, dès le 12 septembre, de nombreux forums et pages perso donnent le lien vers la vidéo censément cachée. Des milliers de connexions affluent sur la page qui héberge le clip et, par rebond, sur le site du label. « Nous avons reçu de nombreux mails et coups de fil au label pour demander pourquoi Kamini n'était pas sur notre site, mais derrière », explique Martin Coulon, responsable de la Plèbe Production.


    Lancé jeudi 21 septembre à 20 heures, le site de Kamini qui ne contient que le clip « Marly Gomont » a explosé au niveau de l'affluence avec plus de 60 000 connexions à 11 heures le vendredi. « Je reçois des coups de fil de tous les grands médias. Vous m'auriez dit il y a quinze jours que je serai contacté par Libé, Fun ou Canal+, j'aurai pris ça comme une blague ». Aucune stratégie Internet n'avait été mise en place par Kamini. « Pour vous dire, j'ai même pas le Net chez moi. Ce sont des amis qui m'ont prévenu de ce buzz ».


    Après un morceau, le voilà donc à Paris pour négocier un contrat avec différentes grosses majors. « Maintenant, ça va être à moi de travailler car j'ai entendu et lu un peu partout que je faisais du rap rural. J'ai un peu peur d'être enfermé dans un seul domaine. Cette chanson, c'est juste une chanson sur ma vie à la campagne comme d'autres ont rappés sur leur vie dans la cité. Mais je ne vais pas m'inventer un passé comme d'autres pour cracher ma haine dans le micro. Ce morceau n'est qu'un morceau, ce n'est pas ça mon rap, je fais plein de choses différentes ». Mais, si percer était sa finalité, Kamini ne souhaite pas arrêter son métier d'infirmier tout de suite. « La vue de malades permet de relativiser beaucoup de choses et de vous replacer dans le réel ».

    Le Clip

    MARLY-GOMONT
    envoyé par loranger

    P'tite interview

    Passage sur TF1

    Site officiel
    Site de fans